Définition de la société civile :

Elle pourra être considérée comme étant un cycle d’évolution. En fait, on ne trouve pas une définition précise de la société civile. C’était même le sujet de plusieurs débats. On peut citer la définition trouvée par Larry Diamond, un professeur de sciences politiques et de sociologie à l'université de Stanford, Etats-Unis, la société civile est "le domaine de la vie sociale organisée qui se fonde sur le volontariat, la spontanéité, une autosuffisance, l' vis-à-vis l'autonomie de l'Etat, qui est lié par un ordre légal ou un ensemble de règles communes.". On essayera donc d’étudier la relation entre cette dernière et l’armée surtout que l’état de celle-ci a été  le sujet d’un développement continu après 1952 puis avec  la politique du Infitah de Sadate. Les Exemples des associations civiles  en Egypte sont variés, parmi lesquels on peut citer : les syndicats-les mouvements sociales-les clubs sportifs et les centres qui défendent les droits de l’homme. Dans cette analyse, on va plutôt citer 2 exemples très importants : Kefaya et 6 avril.

 Kefaya :

Fondu en 2004 C’« est un mouvement d'opposition au gouvernement de Hosni Moubarak, qui se nomme également « Mouvement égyptien pour le changement ».On reproche à Kefaya d’être un groupe d’élites composé d’intellectuels, avocats et professeurs d’universités .Il ne représente donc pas la volonté  de la majorité  pauvre  de la population

Leur but est l’annulation de l’état d’urgence et la libération de la presse et des medias avant 2011.

6 avril :

Au contraire de Kefaya, 6 avril présente plutôt la jeunesse. Parmi ses fondateurs, on peut citer Asmaa Mahfouz : la figure jeune de la femme égyptienne .il se présente comme étant « un mouvement de jeunes que l’amour de la nation regroupe ». Idéologiquement, la différence entre kefaya et 6 avril n’est pas grande. Pourtant c’est plutôt deux visions différentes de la réalisation de ce changement : une jeune ambitieuse, une autre vieille plutôt conservatrice mais la volonté d’  « al taghyeer »  les regroupe toujours.

Apres la révolution de 25 janvier 2011:

 C’est le début de la fondation de plusieurs partis politiques qui était  un vrai symbole de la  liberté ,de l’expression, de l’espoir et de la volonté  malgré la différence entre leurs  idéologies ( gauche ,droite , islam politique...) Parmi les partis et les coalitions  on peut citer : la coalition révolutionnaire démocratique, le Bloc égyptien, le bloc islamique qui regroupe le triple islamique le parti  Al Nour,) la liberté et la justice (et  la construction et le développement.

  Avec le conseil militaire qui a pris la charge de la gestion du pays après la révolution, le conflit réel apparait entre les militaires et les civils. 3 évènements majeurs distinguent cette période :

1.Les procès militaires contre les civils. Ceux –ci réclament et jusqu’à maintenant le droit à un procès équitable, civil et non militaire.

2.Le problème du financement étranger des associations de la société civile. On accuse beaucoup d’organisations civiles d’être fiancer par des moyens « illicites ».C’est surtout Fayza Abou Al Naja, la ministre  de la coopération internationale entre l’Egypte et les autres pays qui a commencé cette guerre contre les organisations surtout humanitaires avec une forte accusation et exclusion de la discussion. Un projet de loi organisant  le fonctionnement des associations de la société civile a été ensuite discuté. Beaucoup pensent que ce changement n’était qu’une simple contre-attaque du conseil militaire contre les organisations qui critiquent leur gestion du pays.

3.Les évènements de Maspero le 9 octobre 2011 suite à la journée de la colère copte. Cet évènement est très important puisqu’ il représente la confrontation entre la police militaire et les coptes. Entre 24 et 35 personnes sont mortes sans oublier les blessés. La plupart d’eux sont des chrétiens égyptiens.

 Par conséquente et avec tout ce qui a été mentionné, la société civile avait un seul but : il faut se débarrasser du conseil militaire par un président civil qui pourra continuer le trajet de la révolution un peu perdu. Pourtant et malgré cette unité de but, la division au sein de la société civile régnait toujours avec la répartition des volontés et des ambitions entre les partis et les candidats des élections présidentielles .Devant, Ahmed Chafik « le chef d’état-major de l’armée de l’air égyptienne » au 2eme tour, le choix était évident, Mohammed Morssy semble le choix alternatif le plus logique pour un peuple qui veut un Etat civil loin de l’autorité  militaire.

La notion a donc  été évoluée, un civil est devenu le contre militaire qui veut et vise un Etat démocratique basé sur la liberté et le droit.

Tamarud et le bouleversement civil contre les civils :

C’est un mouvement d’opposition égyptienne qui appelle au retrait de confiance de Mohammed Morsy. Ils ont pu collecter 22 millions de signatures.

La situation actuelle

On remarque une division au sein de la société civile surtout après la décision de Sissi d’être candidat à la présidentielle. Entre partisans et opposants, plusieurs associations et organisations civiles ont demandé à Sissi d’annoncer sa candidature. On constate aussi le changement des positions de beaucoup de journalistes qui étaient contre la militarisation de l’Etat. Citons l’exemple du  coordinateur général des partis du courant civil Nagui Al Shihabi décrit que « la décision de Sissi d’être candidat est le début de l’unité égyptienne. » Pourtant, le mouvement des jeunes du 6 avril sont totalement contre l’arrivée d’un militaire au pouvoir. Il vise un Etat civil et insiste sur cette réclamation surtout après l’emprisonnement d’Ahmed Maher, un des fondateurs du mouvement. Quant à Hala Choukrallah, la présidente du parti  la constitution « Al Destour » soutiendra un candidat civil et démocrate. Elle a même dit que la candidature de Sissi pourra « briser le processus de transition démocratique », et « si le camp démocrate a été fort, on n’aura pas besoin de trouver une alternative afin de remplir le vide par l’armée. »

Enfin, le phénomène Bassem Youssef et le conflit de générations, on trouve Moatez Bellah Abdelfatah qui décrit cette différence de perspective  entre l’ancienne génération qui croit aux termes émotifs qui pourraient être  illogiques espérant la stabilité productive et économique sans oublier la sécurité. Quant aux jeunes, ‘’cette génération ne croit plus aux discours comme  Masr oum al douniya w hatb’a ad eddouniya (l’Egypte est la mère du monde et sera égale au monde) ou les termes générales  d’austérité, de sacrifice Cette génération a besoin d’une vision et d’un plan concrets, de quelque chose de convainquant parce qu’il ne sera convaincu que de ce qui pourra les convaincre. » 

Conclusion

La situation en Egypte semble compliquée, il y a toujours ce problème de choix alternatif, surtout avec la division de la société civile, non seulement entre islamistes et libéraux mais aussi entre deux visions différentes du monde vues par deux générations que le temps sépare. Avec Eich, Horeya, Adala Ejtemaeya, la révolution de 25 janvier 2011 a été déclenchée contre un régime militaire, le but était de fonder un Etat civil basé sur une démocratie qui convient le contexte égyptien .Pourtant et avec l’apparition d’El Sissi qui semble « une bonne alternative »,  ce but civil semble être abandonné par beaucoup qui sont prêts à accepter de nouveau un régime militaire. La situation semble comme si nous tournons dans un cercle vicieux. L’ Etat civil était donc une réclamation dont les personnes sont convaincues ou plutôt une alternative espérée contre un régime corrompu ? 

Comment